Le parrainage des personnes réfugiées au Canada : entre espoir et frustration

17 avril 2024

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Le lundi 9 octobre, l’équipe du Service Jésuite des Réfugiés (SJR) s’est rendue à l’aéroport pour accueillir un réfugié syrien. Si la joie était grande pour la famille du réfugié, qui était également présente, l’inquiétude se lisait sur les visages.

En effet, d’autres membres de la famille, dont la mère, attendent toujours leur visa pour venir au Canada. À ce jour, il est impossible de savoir quand la famille sera réunie car les délais de traitement réels des dossiers sont inconnus. Une situation confirmée par Hugo Ducharme, responsable du programme de parrainage au SJR.

"Il peut s'écouler des années entre le moment où le dossier d'un réfugié est accepté par le MIFI et le moment où le gouvernement canadien lui accorde officiellement sa protection et par la même occasion un visa de voyage".
Hugo Ducharme

À la mi-août de cette année, c’est avec un certain soulagement que SJR a reçu du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) toutes les acceptations d’engagement pour les 17 dossiers de réfugiés soumis en 2022. Ces engagements sont des contrats par lesquels le MIFI reconnaît ou non la capacité de SJR à parrainer un réfugié. Il appartient ensuite au gouvernement fédéral de décider d’accorder ou non la protection au réfugié. Après plus d’un an d’attente, ces dossiers seront finalisés et envoyés au gouvernement fédéral. Par ailleurs, le 1er septembre 2023, le responsable du parrainage a appris avec soulagement que les 19 dossiers soumis au MIFI avaient passé avec succès l’étape du tirage au sort.

Cette bonne nouvelle symbolise le travail acharné de l’équipe au quotidien, mais elle met aussi en lumière un problème majeur : l’allongement des délais de traitement des dossiers en raison des deux niveaux de gouvernement (provincial et fédéral).

Cette situation ajoute un stress énorme aux réfugiés vivant dans des conditions précaires, ainsi qu’aux membres des familles déjà installées au Canada qui ne sont pas tenus informés par le gouvernement de l’avancement des procédures.