Séance « Un voyage en Exil » au Centre de formation diocésaine de Québec
12 avril 2026|SJR Canada
Le samedi 21 mars 2026, Tevfik Karatop, responsable du projet Un voyage en Exil au Service Jésuite des Réfugiés (SJR), ainsi que Jean Gardy Joseph, intervenant communautaire au SJR, ont animé une séance au Centre de formation diocésaine de Québec. Cette activité a rassemblé environ 40 participants, dont des séminaristes de l’archidiocèse de Québec et de diverses communautés religieuses, des diacres permanents ainsi que des laïcs. Tous étaient réunis dans le cadre d’une formation en pastorale sociale, animée par Gilles Mongeau, prêtre jésuite.
Selon l’appréciation générale, le moment fort de la journée fut la simulation, qui a profondément marqué les participants par son intensité et son réalisme. Elle leur a permis de vivre de l’intérieur la complexité des parcours migratoires, suscitant ainsi une prise de conscience à la fois profonde et durable.
À la fois immersive et formatrice, l’activité a favorisé un engagement émotionnel significatif, des échanges authentiques et un regard renouvelé sur la dignité des personnes réfugiées. Elle a été largement perçue comme une expérience transformatrice, difficilement remplaçable par un enseignement purement théorique.
Plusieurs participants ont exprimé le souhait que cette simulation soit offerte à d’autres groupes, confirmant ainsi sa grande pertinence pédagogique, comme l’a souligné Gilles Mongeau. Le geste symbolique d’enlever les chaussures au début de l’activité a également marqué les esprits : « Cela m’a sensibilisé à la misère dans laquelle ces personnes vivent », a affirmé un participant.
Selon les participants, l’exercice de simulation rend tangible la précarité et l’absence de solutions adéquates pour les personnes en migration forcée. Il permet de ressentir la dimension profondément humaine qui se cache derrière les statistiques et les discours publics : « Les réfugiés ne sont pas des numéros, ce sont des êtres humains », a témoigné un autre participant.

Plusieurs ont également mentionné que cette expérience les rend désormais incapables d’entendre des propos négatifs sur les réfugiés sans réagir intérieurement. Les scénarios proposés ont particulièrement frappé les participants : choix impossibles entre plusieurs routes dangereuses, décisions déchirantes concernant les enfants, absence de solutions justes ou sécuritaires. « Lorsque tous les chemins sont dangereux, comment peuvent-ils choisir ? », s’est interrogé un participant. Cette dimension a été perçue comme à la fois formatrice et bouleversante.
Les participants ont identifié plusieurs retombées formatives importantes : un regard renouvelé sur la pastorale des migrants, une meilleure compréhension des trois savoirs (être, faire, savoir) en situation réelle, ainsi qu’un déplacement intérieur durable, encore ressenti après la journée. « Toute la journée, j’ai été déplacé, et je le suis encore », a confié un participant. Certains ont même exprimé le désir de faire vivre cette simulation à d’autres groupes, notamment à des élèves, comme le souligne la synthèse générale de la journée.
Enfin, la synthèse finale met en évidence que l’exercice de simulation Un voyage en exil a constitué le cœur pédagogique de la formation : une expérience immersive, transformatrice, émotionnellement forte et profondément formatrice. Elle a permis un apprentissage incarné, difficile à atteindre par un enseignement magistral seul.
